Lahar
"Une coulée de boue destructrice sur les pentes d'un volcan."
Un lahar (un terme indonésien javanais) est un type violent de coulée de boue volcanique ou de coulée de débris. Bien que souvent décrit simplement comme de la « boue », un lahar est une bouillie mortelle de matériaux pyroclastiques, de débris rocheux et d’eau qui dévale les vallées fluviales d’un volcan avec une force terrifiante.
Rhéologie : La Physique du Béton Humide
Le danger d’un lahar réside dans sa consistance. Ce n’est pas comme une inondation d’eau ; il se comporte comme un fluide non newtonien.
- Densité : Un lahar a une consistance similaire au béton humide. Il est environ deux fois plus dense que l’eau.
- Flottabilité : En raison de cette densité élevée, un lahar a un pouvoir de levage incroyable. Il ne se contente pas de contourner les obstacles ; il les ramasse. Des rochers massifs, des véhicules, des maisons et des ponts entiers peuvent « flotter » dans un lahar, emportés comme des bouchons dans un ruisseau.
- Solidification : Lorsqu’un lahar s’arrête de bouger, il ne sèche pas lentement comme de la boue. Il « gèle » presque instantanément en une masse dure comme du béton, piégeant tout (ou n’importe qui) pris à l’intérieur.
Mécanismes de Déclenchement
Les lahars sont uniques parmi les dangers volcaniques car ils ne nécessitent pas une éruption active pour se produire. Ils peuvent survenir des années ou des décennies après la fin de l’activité volcanique.
- Synéruptif (Pendant l’Éruption) : Des coulées pyroclastiques chaudes érodent et font fondre les glaciers ou les calottes glaciaires (comme vu au Nevado del Ruiz).
- Post-Éruptif (Pluies) : De fortes pluies tropicales tombent sur des dépôts de cendres meubles et non consolidés. Ce « lahar déclenché par la pluie » est une menace constante dans des endroits comme les Philippines (Pinatubo) et l’Indonésie.
- Rupture de Lac : La paroi d’un lac de cratère volcanique s’effondre, libérant instantanément des millions de mètres cubes d’eau.
Systèmes de Détection et d’Alerte
Parce que les lahars empruntent des canaux spécifiques (vallées fluviales), ils sont assez prévisibles quant à l’endroit où ils iront, mais difficiles à prévoir quand.
- AFM (Moniteurs de Flux Acoustique) : Ce sont des capteurs de vibrations du sol installés dans les vallées fluviales. Ils sont réglés pour détecter le grondement spécifique à basse fréquence d’un lahar en mouvement, distinct des tremblements de terre ou du débit normal de la rivière.
- Fils de Déclenchement : De simples fils physiques tendus à travers des canyons qui se cassent lorsqu’un flux passe, envoyant un signal immédiat aux communautés en aval.
La Tragédie d’Armero
Le potentiel destructeur des lahars a été tragiquement démontré le 13 novembre 1985, au Nevado del Ruiz en Colombie. Une éruption modérée a fait fondre environ 10 % de la calotte glaciaire du sommet du volcan. Cette eau s’est mélangée aux cendres pour former quatre lahars massifs. Voyageant à 60 km/h, les flux ont atteint la ville d’Armero deux heures plus tard. La ville a été ensevelie en quelques minutes, et plus de 23 000 personnes ont perdu la vie dans la pire catastrophe volcanique du 20e siècle. Cette tragédie a mis en évidence le besoin critique d’une communication efficace entre les scientifiques et les autorités locales.
Sécurité et Survie
Vous ne pouvez pas courir plus vite qu’un lahar en mouvement rapide au fond de la vallée.
- Aller en Hauteur : La seule stratégie de survie est de se déplacer latéralement hors du fond de la vallée et de monter sur les pentes de la vallée vers un terrain plus élevé.
- Écouter : Un lahar ressemble souvent à un train de marchandises ou au tonnerre approchant de l’amont, même si le ciel est clair.